Pinchus Krémègne (1890–1981) Ecole de Paris

Tableau école de Paris peinture huile sur toile signée en bas à droite KREMEGNE (*Pinchus Krémègne 1890–1981). Abstraction figurative représentant une harmonieuse nature morte à l’aiguière et aux fruits évoquant les plaisirs de la vie et des saisons. La disposition très étudiée en plusieurs plans mettent en valeur le rythme ternaire de l’horizontale qui s'entrecroise subtilement avec l'oblique de la nappe et du couteau disposé a l'inverse, puis rejoignent les différentes verticales du mur coloré dont la matière du fond riche et chaotique valorise l'avant de la composition. La force des touches délicates et raffinées de l'artiste restitue les volumes et les transparences du verre, le croquant des fruits et la sérénité des choses simples. Une oeuvre puissante qui frappe dès le premier regard et dégage une atmosphère rassurante, fleurant le bon quotidien. La pomme est ancrée à l'oeuvre dans la modernité : ce sont les recherches de Cézanne sur la pomme qui ont inspirées l'aventure de l'avant-garde qui commence au début du Vingtième siècle. Bel état de présentation, a noter une pièce au dos. Dimensions: 58 cm X 50 cm / a vue: 46 cm X 38 cm.


Pinchus Krémègne (28 juillet 1890–5 avril 1981) était un peintre de la première école de Paris, actif notamment à Montparnasse dans les Années folles, puis à Céret.
Krémègne suit des cours aux Beaux-Arts de Vilna en Lithuanie où il rencontre Soutine. En 1912 il fuit la dureté du régime tsariste réservé aux juifs et se rend à Paris. Il habite alors la Ruche avec Chagall, Modigliani, Léger, Lipchitz, Léger... A son arrivée Krémègne est sculpteur mais il abandonne rapidement cette technique pour se consacrer uniquement à la peinture à partir de 1915. A cette époque son expression est très marquée par les références symbolistes.

Invité par Pierre Brune, il découvre Céret en 1918. Il y est rejoint en 1919 par son ami Soutine qui y restera presque deux ans tout en détestant la ville. A l'inverse, et comme sa production picturale en témoigne, Krémègne s’attachera réellement à Céret et y fait des séjours réguliers jusqu'en 1960. Cette année là il s’y fait construire une maison avec atelier dans laquelle il séjournera en alternance avec son appartement parisien jusqu'à sa mort à l’âge de 91 ans.

Son style tend alors vers une plus grande puissance expressive à mi chemin entre la leçon de Van Gogh, pour le traitement des couleurs, et de Cézanne pour la construction des plans. S’y ajoutent des qualités propres de synthèse et de rigueur que l’on retrouve dans la multitude de toiles peintes à Céret à partir de 1918. Dans ces œuvres, les pâtes ont une matérialité épaisse, riche, largement travaillées au pinceau. Cet expressionnisme coloré apparaît dans la représentation d'un des quartiers de Céret, La Place du Barri. Dans les années 50 l’organisation très claire des formes disparaît au profit de préoccupations chromatiques, les couleurs sont plus vives, les touches mouvementées et parfois même lyriques. Les maisons et les montagnes s’effacent devant la profusion de la végétation.Le Musée possède un bel ensemble de peintures de Krémègne, réalisées à la fin de sa vie, telles que "L'atelier I" ou Entrée des Capucins, des paysages aux couleurs plus douces qui retranscrivent admirablement le jeu de la lumière mouvante, le jeu de la lumière sur les chênes et les oliviers. Les quatre dessins et dix peintures qui font partie de la collection ont, dans leur grande majorité, été données par l’artiste.


Catégorie : Oeuvres d'art
Style : Art Déco
Epoque : 20ème siècle

Prix : 2000
Livraison : 35 € en France, sur devis à l'étranger



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