GEORGET Charles peinture XIXème siècle paysage environ de Melun Huile sur toile signée

GEORGET Jean-Charles ( 1833 / 1895 )
Les environs de Melun.
Huile sur toile signée en bas à droite.
46 x 33 cm
Certificat d'authenticité.
Tableau exposé lors du Salon de 1881 sous le numéro 977.
Jean-Charles Georget est né à Paris, le 27 mars 1833.
Orphelin de très bonne heure, il fut confié à un tuteur, M. Martial, homme honnête, indifférent et froid, qui administra scrupuleusement son avoir, mais ne lui donna aucune affection. L'enfance de Ch. Georget fut sans but et sans joie, comme celle de la plupart des Sans famille, qu'on interne dans un collège. Personne ne s'inquiéta de lui, de sa santé, de ses progrès. Lui-même s'intéressa médiocrement à l'étude ; il se sentait isolé, et dans cette pension Gillon, à Belleville, il n'aima que le dessin. Pendant les récréations il faisait le portrait de ses maîtres, qui, en retour, levaient les punitions.
A ce goût précoce pour le crayon il joignait celui de l'indépendance. Toute sa vie il aima la campagne, l'air libre, la nature. Ses escapades consistaient en fugues, en promenades : il adorait l'école en plein air. Une fois, il s'échappa avec un ami; nul ne s'avisa de leur absence.
Pendant les congés, son bonheur était de courir jusqu'au pays d'origine de son père, à Chavanges, gros bourg de Champagne, voisin de Brienne, dont il aimait depuis l'enfance l'horizon agreste, le clocher trapu, et les chemins creux, englués de marne grise. Ch. Georget ne s'arrêtera jamais devant le paysage uniquement joli, devant le site mièvre, anecdotique, léché. Il aura des goûts élevés et sévères, et la terre ingrate et robuste de Champagne n'aura pas médiocrement fortifié dans l'adolescent l'amour des grands tableaux, imprégnés de beauté et de caractère.
Il sortit du collège vers 18 ans. Son tuteur s'enquit alors de ses goûts et lui demanda ce qu'il comptait faire. Dessiner , répondit-il. Au fond, il n'avait qu'un désir, net et bien arrêté, devenir peintre, mais par timidité il n'osa l'exprimer et se laissa placer, rue de Fleurus, chez un graveur de renom, M. Caron, qui le garda pendant sept ans, moyennant un salaire de 25 fr. par mois. Les leçons de Caron furent d'un artiste et d'un maître ; l'élève les suivit avec ardeur. Vite, il prit conscience de ses forces et affirma sa vocation. Plusieurs de ses compositions d'essai, qu'il présenta à des éditeurs d'imageries de la rive gauche, ayant été reçues à correction, le jeune graveur, sûr de lui, aima mieux renoncer au bénéfice de son travail, que de consentir à des remaniements qui choquaient son goût. De son oeuvre de graveur il reste entre autres un Mariage de la Vierge, un Louis XIII enfant et le portrait de Sauvageot, le grand collectionneur. C'étaient là de solides débuts dans l'art, qui furent appréciés et encouragés non seulement par le maître graveur Caron, mais encore par Henriquel Dupont, membre de l'Institut.
Vers l'époque de sa majorité, à 21 ans, il s'était, avec l'assentiment de son tuteur, installé dans un appartement modeste, mais orné selon ses moyens et ses goûts, où il se sentait chez lui, affranchi de toute sujétion et de toute contrainte. Ce fut son premier jour d'émancipation et de bonheur. Plus tard, bien des années plus tard, il en parlait encore avec une satisfaction débordante et ingénue.
Cependant il ne tardait pas à suivre les cours de dessin de l'Ecole des Beaux-Arts. N'osant, quelque secret désir qu'il en eût, aborder la peinture, il apprit pour son plaisir et son profit, la science du dessin, et jamais dans la suite il ne peignit un tableau sans l'avoir au préalable bâti au fusain, sans en avoir scrupuleusement établi les linéaments et la charpente. Le dessin est la probité de l'artiste. En même temps, pendant ses heures de loisir, il s'initiait aux premières notions de la peinture, aux secrets de la couleur. On se figure ce qu'il dût apporter à ces études de joie persévérante et d'ardeur. Il observait tout autour de lui, il écoutait et apprenait chaque jour un peu de ce métier , que nul ne possède par intuition ni d'instinct. La peinture ne s'enseigne pas , écrivait un jour Albert Wolf, le critique du Figaro. Cependant, elle s'apprend. Il y a une grammaire des Beaux-Arts, comme il existe une orthographe, des règles de métrique, des lois de la perspective ; le génie lui-même ne les méconnaît, ni ne les ignore, mais tout en respectant les principes et les règles de l'esprit humain, il en fait une application originale, tandis que le talent s'y appuie prudemment comme à une rampe d'escalier. Le tort des écoles est d'accréditer des formules, des rubriques et de vivre sur elles. Ch. Geonget s'affranchit des oracles d'atelier et préféra se former par l'observation directe et l'étude personnelle au grand air, en pleine nature. Il s'assimila vite les indispensables rudiments de la peinture, et sans se perdre pour cela dans les naïvetés et les gaucheries des primitifs, il voulut être lui-même.
Barbizon jouissait alors d'un prestige universel et mérité. Les grands peintres Diaz, Rousseau, Millet, Ch. Jacque, et les écrivains A. de Musset, Gustave Flaubert, les Goncourt, H. Murger avaient révélé aux quatre coins du monde l'obscur hameau, d'où sortirent tant de chefs-d'oeuvre. Ch. Georget, après avoir songé à l'Algérie, qui de loin le séduisait, préféra s'établir à Farcy-lès-Lys, qui n'était ni réputé, ni envahi. C'est là, qu'après plusieurs années, il se maria en 1863*1, avec celle qui fut la bonne compagne de sa vie, la gardienne de sa mémoire et la continuatrice de son talent. C'est de 1863 que date véritablement sa vie d'artiste. Elle fut laborieuse et féconde, vouée exclusivement à la vie simple, aux joies de l'atelier et du foyer. Ni distractions, ni relations mondaines, mais une existence retirée, la contemplation de la nature et le silencieux travail. L'effort de ces années peut s'apprécier aujourd'hui encore par les aquarelles, les fusains et les études accumulés et conservés dans les cartons où l'on suit les étapes du peintre vers la maîtrise de soi et le plein épanouissement du talent. Plus d'un se rappelle encore la silhouette de l'artiste, assis près de son chevalet, en toute saison, dès la pointe de l'aube jusqu'au crépuscule, en face d'un beau paysage. Mais plus que tout la forêt de Fontainebleau le captivait alors.
C'est d'elle qu'il s'inspire et surtout du Bas-Bréau en ce temps là désert et sauvage. C'est là qu'il cherche son sujet et son inspiration, car la nature est son Louvre, son Montmartre et son café de Fleurus. Il se plaît parmi les rochers et les bruyères, dans les gorges d'Apremont ou sur le bord d'un étang lilliputien où se reflètent avec le ciel bleu les hampes blanches et grêles des bouleaux, les troncs moirés et velus des hêtres, les fûts rugueux des chênes. De bon matin, le béret sur l'oreille et les mollets guêtrés, il part au milieu des rumeurs de la feuillée ; puis la petite pipe de terre blanche à la bouche, la pipe qui, lui donnait de si bonnes idées , disait-il, il s'installe, admire, dessine et peint, en compagnie d'un écureuil qui sautille ou d'un lapin qui grignote. Heures fécondes de méditation et de travail, de rêve et d'efforts, de découragement et d'enthousiasme où l'artiste lutte avec l'insaisissable et mobile nature, afin d'en reproduire, pour l'enchantement de nos yeux, la puissance de vie et la beauté. A la tombée du soir, Ch. Georget revenait à son atelier de Farcy, le corps harassé, mais l'esprit allègre, car il avait d'un amoureux et clair regard reproduit avec un peu de couleur et sur un peu de toile, l'âme même d'un paysage, c'est à dire en même temps que ses lignes et son coloris ce qui en fait le caractère propre et l'idéale vérité.
Il décède le 22 décembre 1895, et s'endormit, fidèle à sa croyance à l'au delà. Son corps repose dans le cimetière de Dammarie-lès-Lys, sous les fleurs du souvenir, à l'ombre de la grande forêt et près des rives de la Seine, qui avaient charmé sa vie et inspiré son talent.
violondingres.fr

Largeur : 33 cm
Hauteur : 46 cm

Catégorie : Tableaux
Style : Art Moderne
Epoque : 19ème siècle

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